INTERVIEW : Labrune répond aux South Winners

30 décembre 2012.

Ces dernières semaines, la vie du Président de l'Olympique de Marseille n'a pas été de tout repos. Une partie des médias et des supporters phocéens ont pris pour cible Vincent Labrune. Après les différentes attaques, il était important de lui laisser la parole et de revenir avec lui sur les nombreux épisodes qui ont secoué le club....

South Winners : Bonjour Président, par rapport aux incidents de Fenerbahçe, quelle réponse donnez-vous aux supporters sur les erreurs d'appréciation du club et sur l'épisode du drapeau grec qui représente les racines de notre ville ?

Vincent Labrune : La rencontre contre Fenerbahce reste un cas particulier. Je ne peux pas laisser dire qu’il y a eu des erreurs d’appréciation du club. Pour chaque match, notre premier souci est d’assurer la sécurité de tous les supporters présents dans le stade. C’est ce que nous avons fait ce soir-là dans un contexte très compliqué. Vous savez comme moi, qu’outre les débordements des supporters turcs dans la tribune qui leur était réservée, nous avons dû gérer la présence de supporters de Fenerbahce parmi les nôtres à plusieurs endroits du stade. Presque tous habitent la région et possèdent un abonnement au Vélodrome. Il est impossible pour nous de contrôler l’identité de chacun de ces abonnés pour vérifier son ascendance et son intention de soutenir l’équipe adverse. L’intervention rapide de nos stadiers, puis celle de la police, ont permis que la rencontre aille à son terme dans les meilleures conditions possibles. L’UEFA a d’ailleurs salué notre travail. Pour « l’épisode du drapeau grec », les instances européennes donnent des consignes extrêmement strictes. Elles ne tolèrent aucun affichage susceptible d’aviver les tensions à l’intérieur du stade. C’est aussi pour ça que nous avons confisqué les quelques drapeaux kurdes qui ont été brandis. Si nous ne l’avions pas fait, nous nous exposions à des sanctions très lourdes.

S.W.: Face à Lyon, des images de Canal + vous montrent en train de rire, une coupette à la main, alors que l'OM se faisait étriller sur le terrain. Un acharnement médiatique s'en est suivi. Quelle réponse avez-vous à donner face à ces attaques démesurées ? Aux yeux des supporters, chaque image et chaque parole d'un président sont importantes. En avez-vous maintenant pris conscience ?

V.L. : Personne ne peut penser une seconde qu’un président de club, à fortiori celui de l’OM, puisse se réjouir d’assister à une défaite de son équipe. Surtout contre Lyon, un soir où l’on joue pour la première place. Il s’agit d’une basse récupération de la part de personnes dont la seule volonté est de nuire à tout prix. Je précise au passage, puisqu’aucun détail n’échappe à ceux qui scrutent le moindre de mes gestes, que je n’ai jamais tenu « une coupette » pour la simple et bonne raison que je ne bois pas de champagne. Le procès qu’on m’a fait après cet épisode est minable. Je me bats tous les jours pour que l’OM reste le plus grand club de France. Chaque image et chaque parole sont importantes. Mais, les actes le sont encore plus. Il est facile d’être attentif à son image pour soigner sa popularité. Mais si j’ai choisi de mettre toute mon énergie au service de l’Olympique de Marseille, c’est parce qu’il était urgent de réformer le club et de rétablir ses finances. C’était une question de survie. Je comprends que la politique de rigueur que nous avons dû mettre en œuvre ait pu inquiéter les amoureux de l’OM. Mais, tout ce que nous avons fait, nous l’avons annoncé aux groupes de supporters avant de le mettre en œuvre. Tous savaient très bien que la situation était grave. Nous avions promis un traitement rapide et efficace. Nous avons tenu parole. Il porte déjà ses fruits aujourd’hui. Nous avons reçu les félicitations de la DNCG, il y a quelques jours, pour le travail de redressement que nous avons accompli dans des délais extrêmement brefs. Le travail d’un président, me semble-t-il, doit d’abord être jugé sur le sens des responsabilités qu’il démontre et les résultats qu’il obtient. Certaines décisions demandent du courage. Elles ont été prises et elles nous permettent aujourd’hui d’envisager un ou deux renforts pendant la trêve si le staff technique en exprime le besoin.

S.W. : Après Fenerbahçe et Lyon, l'humiliation face à Lorient aura fait naître spontanément des "Labrune démission" dans les deux virages. Cette réaction a chaud du public semble démesurée tant notre classement était inespéré en début de saison. Néanmoins le malaise reste réel. Que répondez-vous à vos détracteurs ?

V.L. : Même si je pense que ce genre de manifestations n’est l’œuvre que d’une toute petite minorité, cela reste un cas unique dans les annales. Alors que tous les observateurs et les grands experts du football nous promettaient une « saison en enfer », l’OM n’a jamais quitté les premières places du classement sur l’ensemble de la phase des matchs aller. Nous sommes solidement installés sur le podium à la trêve, comptons 12 victoires (soit autant que la saison dernière sur l’ensemble de la saison) et notre équipe démontre des qualités de cœur incroyables. Alors oui, je suis surpris qu’une frange de notre public ait pu exprimer un tel mécontentement. Nous avons d’ores et déjà accumulé un nombre de points record, à l’issue de la première moitié de championnat. Aucune équipe de Marseille n’avait réussi à atteindre ce total depuis l’instauration de la victoire à 3 points. Nous abordons la seconde partie de la saison à une place à laquelle personne ne nous attendait. C’est une formidable motivation pour la suite. Cela nous permet d’être ambitieux et de pouvoir nous battre jusqu’au bout pour rester au sommet du classement. Mais attention ! La phase retour s’annonce compliquée. Les joueurs et le coach en ont conscience et ils se préparent déjà à la rude bataille qui nous attend. Nous avons plus que jamais besoin du soutien de notre public pour remporter un maximum de points au stade Vélodrome. Si nous voulons rester aux premières places du classement, il faudra être performant à domicile. Le rôle des supporters sera très important pour nous aider à accomplir cette mission.

S.W. : Les supporters marseillais occupent une place très importante dans la vie du club. Quelle est la vision du Président de l’Olympique de Marseille ?

V.L. : Les supporters sont une composante essentielle de l’OM et font partie intégrante de la vie du club. Nulle part ailleurs qu’à l’Olympique de Marseille, ils ont cette capacité de permettre à l’équipe de se sublimer. Pour autant, il faut faire une distinction entre 2 catégories de supporters : La très grande majorité qui aime et soutient le club quelques soient les circonstances. Les critiques venant de ces supporters-là, nous pouvons facilement les entendre, les prendre en compte, et en discuter, surtout quand elles sont constructives. Cela fait partie du job de dirigeant. Mais il y a aussi une frange minoritaire d'individus qui sont avant tout supporter de leur « propre intérêt ». Ce sont d'ailleurs ceux-là qui font souvent le plus de « bruit médiatique ». Je ne prête aucune attention aux remarques de ces gens-là. Ils ne défendent pas l'intérêt du club, mais le leur.

S.W. : Quel regard portez-vous sur le système de billetterie et des abonnements mis en place dans les virages depuis quelques années ? Les travaux du Vélodrome auront-ils une répercussion sur le prix des futurs abonnements ?

V.L. : Le système mis en place a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Il n’y a aucune raison de le remettre en cause dans le futur. Il peut toutefois y avoir quelques aménagements en fonction des négociations que nous aurons avec la mairie pour le loyer du nouveau stade. L’OM comme les clubs de supporters doivent faire des efforts pour améliorer l’efficacité du système de vente. Nous devons jouer dans un stade plein. A ce sujet, évidemment, le prix des places est important. Nous travaillons sur le sujet. On doit proposer à notre public un prix qu’il trouve raisonnable.

S.W. : Depuis plusieurs années, les couleurs du club sont bafouées au profit de la politique marketing de notre équipementier. L’utilisation à répétition de ces maillots en cette première partie de saison est dérangeante. L'identité de Marseille et de notre OM est en jeu. L'OM doit jouer en blanc à domicile, et en bleu à l'extérieur si nécessaire en cette seconde partie de championnat. La situation peut-elle enfin évoluer ?

V.L. : Le Club ne souhaite absolument pas galvauder son histoire et ses symboles. Nos couleurs sont le blanc et le bleu. Comme nos supporters, nous y tenons par-dessus tout. Notre 3ème maillot correspond à une exigence de la ligue et de l’UEFA qui demandent à chaque club de disposer d’une 3èmetenue aux couleurs totalement différentes de ses couleurs historiques. Ce règlement a pour but de permettre à deux équipes ayant les mêmes couleurs de pouvoir s’affronter sans risque de confusion. Il est vrai, par ailleurs, que le développement de ce 3ème maillot permet au club d’augmenter ses recettes (grâce à lui, nous avons doublé nos ventes dans ce domaine). L’OM ne peut pas négliger cette source de revenus. Ceci dit, je peux vous assurer que nous jouerons en blanc toutes les rencontres au Stade Vélodrome jusqu’à la fin du championnat et qu’en 2013-2014, nos 3 maillots seront blanc, bleu OM et bleu foncé (pour le 3ème).

Retrouvez l'interview dans le MASSALIA 2600 / OM PLUS MAGAZINE du mois de janvier qui sera distribué gratuitement en Virage Sud et sera en vente en kiosque prochainement...

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